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L'église Saint-Joseph de Roubaix est en train de renaître de ses travaux

Justine Pluchard 3 min de lecture
29 nov. 2020, Culturons-nous

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On n'a pas l'habitude de s'attarder sur les monuments religieux de la métropole lilloise mais on ne pouvait pas passer à côté de la renaissance de cette église roubaisienne, en travaux depuis six ans. Oui, parce qu'on ne vous a pas encore dit : elle est le seul édifice de Roubaix classé aux monuments historiques de France.

Et vous allez très vite comprendre pourquoi quand on va vous raconter son histoire... et surtout vous montrer à quoi elle ressemble désormais.

Repartons fin XIXe siècle, dans ce qui était l'ancien quartier ouvrier du Fontenoy (aujourd'hui l'Alma). C'est la folie industrielle à Roubaix et il faut bien loger tous ces ouvriers qui déboulent en ville pour bosser dans les usines textiles. Dans ce nouveau quartier, ce sont surtout des Flamands qui s'installent. Ils parlent bien évidemment flamand et non français et il se dit que c'est l'une des raisons pour lesquelles quelques patrons du coin décident de financer l'édification d'une église là-bas.

Car quoi de mieux que la messe pour réviser son français ? En tout cas, la chose est entendue et c'est d'ailleurs un architecte flamand qui va se charger des plans : Jean-Baptiste Bethune. C'est un peu le pape belge du courant néo-gothique à l'époque et on lui doit d'ailleurs aussi le couvent des Clarisses, toujours à Roubaix.

Église ouvrière

La nouvelle église est inaugurée en 1878... et elle est d'une sobriété incroyable d'un point de vue extérieur. De jolies briques rouges comme la plupart des maisons du quartier, même pas de parvis, à peine quelques marches à monter et aucun bas-reliefs ou statues pour enjoliver le tout.

Pour Frédéric Lefebvre, l'adjoint de la ville à la culture, ça démontre la volonté de mieux intégrer le bâtiment religieux dans ce quartier ouvrier. Et l'absence de parvis, c'est signe qu'à l'époque, "la lutte des classes était bien là et les gens voulaient bien venir à l'église construite par les patrons, mais ne voulaient pas pour autant être vus."

Mille et unes couleurs

Mais une fois franchi le seuil, autant vous dire que vos yeux en prennent plein les mirettes. On a du mal à trouver un m² de mur qui ne soit pas peint, décoré ou ornementé.

On y retrouve des couleurs chaudes et lumineuses, une fresque aux 144 saints impressionnante et même une mini-grotte de Lourdes reconstituée.

"Les congés payés n'existaient pas vraiment à l'époque et même les plus croyants des ouvriers du quartier n'avaient pas forcément les moyens d'aller faire un pèlerinage à Lourdes, raconte l'adjoint roubaisien. Mais avec cette reconstitution, c'était un peu comme si c'était possible". Et fun fact : la fausse pierre aurait été modelée à partir d'un mélange de vieilles wassingues, de ciment et d'eau.

D'autres indices indiquent que nous sommes bien dans un lieu fréquenté par une communauté ouvrière. Prenez par exemple cette statue de Notre-Dame... de l'Usine. Pas sûr qu'on la retrouve dans toutes les églises de France, celle-là.

Si on vous raconte tout ça et qu'on peut vous le montrer, c'est grâce à pas moins de six ans de travaux s'élevant à plus de 8 millions d'euros (mis sur la table par la Ville, l'Etat et aussi beaucoup de mécènes). "On a fait appel à beaucoup d'artisans du secteur et c'est un chantier réellement colossal, souligne Karima Zouggagh, adjointe en charge des grands travaux du patrimoine. La façade, le clocher, les vitraux, les peintures et bientôt l'orgue : rien n'a été laissé de côté."

Il ne pouvait en être autrement de toute façon : les Compagnons de Saint-Joseph ont beaucoup lutté pour que ce monument soit réhabilité. Surtout qu'il est le seul monument de la ville classé aux monuments historiques depuis 1993. Pour aller l'admirer, il faudra tout de même attendre encore un petit peu. Il reste encore deux-trois trucs à fignoler et il faut surtout attendre que Monseigneur Ulrich, archevêque de Lille, vienne "resacraliser" le lieu.

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article écrit
par Justine Pluchard

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